Quand j’étais à la fac, certain(e)s de mes profs évoquaient déjà les consultations psy à distance. Mais à l’époque, ce n’était pas une pratique démocratisée. Les retours que j’en avais étaient plutôt négatifs et critiques. L’idée qui était véhiculée est que ce n’était « pas l’idéal », que seul le cabinet offrait un véritable cadre thérapeutique, un espace particulier, hors du temps. Et je suis d’accord : le cabinet a quelque chose de précieux.
Mais à cette époque, on parlait aussi beaucoup moins de santé mentale dans la société. Et ça a bien changé (même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir).

Une nouvelle ère pour la santé mentale
La pandémie y est pour quelque chose. En bouleversant nos repères, elle a mis en exergue l’importance de la santé mentale. C’est soudainement devenu une question de santé publique. Le recours à un(e) psychologue est devenu plus courant, presque « normalisé ». Dans le même temps, la visio a fait son entrée dans notre quotidien : pour le travail, les apéros, les formations… et les consultations psy. Force est de constater que ce contexte a fait évoluer nos pratiques. Aujourd’hui, je considère que les consultations à distance ont toute leur légitimité.
Pourquoi je propose des consultations à distance ?
Parce que je crois sincèrement que la visio peut-être un levier d’accessibilité, de souplesse, et – paradoxalement – de proximité.
Oui, de proximité. Parce que ce format permet de créer un lien thérapeutique fort, même à travers un écran. Et surtout, il rend l’accompagnement psychologique possible pour des personnes qui, autrement, n’auraient pas pu consulter. Voici quelques exemples concrets :
- les personnes en poste avec un emploi du temps serré
- celles qui vivent dans des zones rurales, en Outre-mer ou à l’étranger
- celles qui souffrent d’anxiété ou pour qui se déplacer est difficile
- ou encore celles qui se sentent intimidées à l’idée de pousser la porte d’un cabinet
La visio permet aussi de consulter depuis un lieu familier, rassurant, sans perdre de temps sur la route. Elle permet également de poursuivre un accompagnement même en cas de déménagement ou de changement de vie. On peut rester lien, même à distance.
Et pour moi, en tant que psy ?
On ne va pas se mentir : oui, proposer des consultations en visio présente aussi des avantages pour moi. Quand on exerce en libéral, les charges sont nombreuses : cabinet, plateformes, outils, livres, communication, URSSAF… Alors limiter ces frais, c’est essentiel pour que mon activité soit viable et durable.
Mais au-delà de l’aspect financier, la visio me permet aussi d’organiser mon travail de manière plus fluide, de respecter mon rythme, de garder un bon équilibre de vie. J’aime bouger, voyager, respirer. Et je suis convaincue que le bien-être du psy est un ingrédient indispensable dans la qualité de l’accompagnement. Un(e) psy bien dans ses baskets, c’est un(e) psy qui a de l’énergie à redonner.
Et la relation dans tout ça ?
Certain(e)s s’interrogent peut-être : peut-on réellement créer une relation de confiance à travers un écran ?
Ma réponse est : oui, bien sûr !
Les émotions se manifestent, y compris en visio. Ce qui le permet c’est de poser le cadre, d’écouter et d’accueillir la parole. Et c’est ça, le coeur du travail thérapeutique.
Depuis peu, je propose une journée de consultation en présentiel chaque jeudi au centre Solal au 58 boulevard Meusnier de Querlon 44000 Nantes. Et je suis heureuse de pouvoir offrir la possibilité de choisir ce qui vous convient le mieux. Mais pour autant, je continue à penser que la visio n’est pas un plan B.